Compte-rendu de la table-ronde “Minerais stratégiques et menace globale”

Une conférence de l’Institut Antigone, à l’Assemblée nationale le 11 avril 2023

Contexte et présentation de l’événement

Les métaux rares sont devenus essentiels pour la fabrication de nos smartphones, l’armement militaire ou encore les batteries électriques et  les éoliennes, pierres angulaires du « Green New Deal » Européen.  

Pourtant la montée en puissance de ces ressources naturelles pose des questions environnementales – les sites miniers altèrent gravement l’environnement -, sociales, économiques, voire militaires. Les gisements sont entre les mains de peu de pays, qui n’hésitent pas pour certains à les utiliser comme une menace pour conforter et étendre leur suprématie.

Alors comment assurer la conciliation des objectifs de transition écologique et de nécessaire souveraineté  ? Comment se prémunir d’une dépendance dangereuse ? L’annonce de l’ouverture prochaine d’une mine de lithium en France est-elle une bonne nouvelle ? Quelles décisions politiques pour faire face à ce qui pourrait dégénérer en conflit global ?

Synthèse générale

De Mutanda en République Démocratique du Congo avec sa plus grande mine de cobalt au monde à Beauvoir dans l’Allier en France et la future filière d’extraction du lithium, les minerais stratégiques sont devenus un sujet incontournable de la géopolitique, de la gouvernance industrielle et de la lutte contre les pollutions. 

L’Institut Antigone a donc convié le temps d’une après-midi des experts et des personnalités issues de la mobilisation de terrain pour aborder ces questions et évoquer des pistes de politiques publiques. 

Ce débat sur les minerais stratégiques aborde les questions environnementales, sociales, économiques et militaires liées à l’exploitation croissante de ces ressources naturelles. 

Le débat soulève des interrogations sur la conciliation entre la transition écologique et la souveraineté, ainsi que sur la dépendance aux pays détenant les gisements. 

L’ouverture prochaine d’une mine de lithium en France est discutée, et des décisions politiques sont nécessaires pour éviter un éventuel conflit mondial. Les intervenants exposent des points de vue sur l’état des lieux, la structuration des marchés, les enjeux économiques, la diplomatie, le recyclage et la politique industrielle. Les discussions mettent en évidence la nécessité d’une gouvernance mondiale, de normes et de labels, ainsi que de prendre en compte les considérations sociales et environnementales. Des propositions sont évoquées, comme la création d’une Agence internationale des minerais et la réflexion sur la sobriété et la croissance. La transparence de l’information est également soulevée comme une préoccupation importante.

Les axes de proposition et de réflexion

Pistes de réflexion et propositions politiques sur les minerais stratégiques issues des échanges : 

    1. L’exploitation continue, elle va être nécessaire tant qu’il n’y a pas de décroissance. Il faut donc une transition vers une exploitation minière responsable et durable :
      • Encourager la mise en place de réglementations environnementales strictes pour limiter la pollution de l’air et de l’eau, ainsi que pour prévenir la dégradation des terres et la perte de biodiversité.
      • Promouvoir des normes de sécurité pour les travailleurs dans les mines, ainsi que des règles de réhabilitation des sites miniers après l’exploitation.
      • Favoriser le recours à des certifications environnementales et sociales pour les entreprises minières qui respectent des normes de développement durable.
      • Renforcer la surveillance et le contrôle des activités minières pour garantir le respect des normes en vigueur.
  • Si ce n’est pas une réponse globale et absolue, il faut renforcer l’innovation dans le domaine, promouvoir l’économie circulaire et le recyclage des minerais :
      • Investir dans la recherche et le développement de technologies de recyclage plus efficaces pour récupérer les minerais des produits en fin de vie.
      • Encourager les entreprises à adopter des pratiques de recyclage et à intégrer des chaînes d’approvisionnement circulaires pour réduire la dépendance aux nouvelles extractions minières.
  • La question des minerais est stratégique parce qu’elle est globale. Il faut renforcer la coopération internationale et créer une gouvernance mondiale :
      • Promouvoir la création d’une agence internationale des minerais pour faciliter la coordination entre les pays dans la gestion responsable des ressources minérales et la prévention des conflits liés aux minerais.
      • Favoriser les partenariats internationaux pour partager les connaissances, les technologies et les bonnes pratiques dans le domaine de l’exploitation minière responsable.
      • Soutenir les initiatives visant à garantir la traçabilité des minerais depuis leur extraction jusqu’à leur utilisation finale, afin de lutter contre le commerce illicite et l’exploitation abusive.
  • Travailler à un modèle alternatif, c’est promouvoir la souveraineté et donc l‘autonomie, valoriser un nouveau modèle économique et technologique : 
      • Encourager les pays à diversifier leurs sources d’approvisionnement en minerais stratégiques afin de réduire leur dépendance à certains pays ou régions géographiques spécifiques.
      • Investir dans la recherche et le développement de technologies alternatives ou de substitutions pour réduire la demande de minerais stratégiques dans certains secteurs.
      • Soutenir l’exploration et l’exploitation responsable des réserves de minerais stratégiques présentes sur le territoire national, en veillant à l’application de normes environnementales et sociales strictes.
  • Réduire l’espace des conflits et du manque de respect des conventions internationales, notamment dans les pays en voie de développement, c’est favoriser la responsabilité et la transparence des entreprises : 
    • Encourager les entreprises minières à publier des rapports transparents sur leurs activités, leurs pratiques environnementales et sociales, ainsi que sur leurs impacts sur les communautés locales.
    • Favoriser la participation des communautés locales, des ONG et des experts indépendants dans les processus de prise de décision concernant les projets miniers.
    • Renforcer les mécanismes de responsabilité et de réparation en cas de violations des droits humains ou de dommages environnementaux causés par l’exploitation minière.

Ces propositions visent à concilier les objectifs de transition écologique avec la nécessité de garantir la souveraineté et l’autonomie des pays dans le domaine des minerais stratégiques, tout en veillant à prévenir les impacts

Compte-rendu des débats

Introduction de Béchir Saket, Président du think tank Antigone

Le réseau Antigone existait déjà depuis plusieurs années et nous souhaitons continuer de le développer. C’est pourquoi nous proposons aujourd’hui ces temps d’échange en nombre restreint pour avoir une parole libre. 

Nous ouvrons un programme de réflexion sur la question des minerais stratégiques avec l’ambition de réfléchir dans les prochains mois et développer un rapport sur la question. 

Réfléchissons à une analyse plus approfondie, notamment l’ouverture de mines de lithium en France, en tenant compte de l’engagement économique et des questions de souveraineté que nous souhaitons aborder et défendre de manière transpartisane. Nous voulons commencer par une députée, Sabrina Sebaihi, que nous connaissons et qui a rédigé un rapport sur la question de l’exploitation des fonds marins.

L’objectif de cette table-ronde est de faire émerger une première réflexion sur les minerais stratégiques, d’avoir une vision générale qui nous permettra de manière transdisciplinaire de comprendre les axes de mobilisation en matière de politique publique. 

L’idée est de former un premier groupe de discussion. L’événement fera l’objet d’une retranscription intégrale, mais l’idée est de produire une synthèse et un rapport sur le sujet d’ici la fin de l’année. Nous sommes accueillis ici, au sein du deuxième bureau de l’Assemblée nationale, celui dans lequel les écologistes tiennent leurs réunions chaque mardi. C’est un bureau, petit par sa taille mais sans doute grand par son ambition (rires). Je nous souhaite des débats constructifs !

Introduction de Sabrina Sebaihi, Députée des Hauts-de-Seine : 

Bienvenue à tous et à toutes pour ce temps d’échange sur les minerais stratégiques. C’est avec beaucoup de plaisir que je vous accueille sur ce moment de travail. Siégeant au sein de la commission des affaires étrangères, nous avons déjà eu l’occasion d’aborder cette question. J’ai eu l’occasion, comme l’a dit Béchir, que nous avions travaillé sur un rapport à l’occasion du dernier Projet loi de finances sur l’exploitation des fonds marins. Dans le cadre de cette commission des affaires étrangères, une mission d’information pourrait être lancée dans les prochaines semaines. 

C’est un sujet central, les minerais sont essentiels pour de nombreux secteurs industriels, sur les technologies de pointe comme l’ordinateur ou le téléphone portable mais aussi pour les voitures électriques et leurs fameuses batteries. Mais on le sait, et c’était très vrai s’agissant des fonds marins : l’exploitation ne va jamais sans conséquences. 

Les chercheurs tirent la sonnette d’alarme, mais il y a une volonté d’aller de l’avant dans ces exploitations. Une autre question est apparue : celle de la souveraineté, et nous avons l’impression que la France est en retard. Il faut prendre en compte la durabilité sociale et environnementale, mais il faut aussi faire des propositions et prendre position sur la souveraineté, l’enjeu économique et la préservation de la vie.

Intervention liminaire de Rachel Savin Puget, Directrice de l’Institut Antigone

La première partie portera sur l’état des lieux. Il est important d’avoir une position avancée et concrète. Je vous présente nos intervenants. Anne nous expliquera ce qui se passe dans son département. Marie Toussaint, députée européenne et juriste, nous parlera de la dimension européenne. À l’extrême-gauche (sourires), Ben Cramer, qui a rédigé un rapport sur l’Afrique et les minerais stratégiques, abordera les tensions géopolitiques. Patrick Hugues du BRGM et Maria Eugenia Salin, spécialistes du marché de l’énergie, nous parleront des matières critiques.

Intervention de Patrick Hughes, Responsable du programme scientifique « Ressources minérales et économie circulaire » au BRGM.

Patrick Hugues est responsable de la coordination des activités scientifiques liées à l’approvisionnement responsable et durable en matières premières, y compris l’exploration, le développement de procédés et de recyclage, ainsi que l’analyse du cycle de vie. 

Bonjour à toutes et à tous. Quand on regarde la question des minerais stratégiques : aujourd’hui limiter l’ampleur du changement climatique, c’est la révolution énergétique. Bien évidemment, il faut augmenter les réseaux intelligents, les capacités de stockage et les énergies bas carbone. 

Les quantités de métaux nécessaires pour construire ces infrastructures destinées à la production d’électricité sont importantes.

Les chiffres de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) montrent par exemple une multiplication par six de la demande, ce qui signifie que nous aurons besoin de plus de métaux par kilogramme de voiture. Nous utilisons une mesure appelée « intensité-matière ». On travaille sur les nouvelles technologies en essayant de réfléchir, à chaque fois qu’il y a une innovation, ce qu’elle requiert en matière d’énergie. 

Nous croisons ces données d’intensité-matière avec différents scénarios de transition basés sur les projections de l’AIE et sur les scénarios de développement durable. Par exemple, la demande de lithium augmentera de 42 fois d’ici 2040, et de 7 fois d’ici 2050. Quels que soient les scénarios, il y aura une augmentation importante de la demande. 

La diversité des métaux utilisés augmente également. J’ai parlé de la transition énergétique mais cela concerne beaucoup d’autres domaines : les datas-centers, les câbles dans les fonds marins. Les technologies du passé utilisaient quelques métaux. Elles utilisent aujourd’hui une palette et une diversité de métaux beaucoup plus importante. Nous passons d’une dépendance au pétrole à une dépendance aux métaux. 

À titre d’exemple, pour le cuivre, on estime que nous allons consommer autant dans les années à venir que depuis le début de l’humanité. Autre chiffre, pour fabriquer un téléphone, l’empreinte matière correspond entre 50 et 200 kilogrammes de matériaux.

L’Europe est particulièrement dépendante de ces substances, à plus de 50 % pour une vingtaine de métaux.

La Chine est le premier producteur minier et/ou métallurgique mondial pour une trentaine de matières minérales depuis longtemps. C’est un état de fait qui est ancien.

La Commission européenne a récemment rendu des documents sur le sujet. Elle mentionne par exemple que 78 % du lithium provient du Chili et il a parcouru en moyenne plus de 50 000 Km. 99 % des terres rares proviennent de Chine et 70 % du cobalt provient de la RDC dont on sait que les conditions de l’extraction ne correspondent pas aux critères ESG et RSE des entreprises.

C’est donc un sujet complexe dans lequel nous sommes aujourd’hui vulnérables. 

En conclusion, nous sommes confrontés à une demande croissante et diversifiée, une forte dépendance européenne aux métaux et des activités qui sont porteuses d’impact, c’est rappelons-le une activité industrielle. 

Nous avons des possibilités de recyclage, mais il y a des limites et cela ne répondra pas à nos besoins, du moins tels qu’ils sont envisagés aujourd’hui.

On a des difficultés pour aligner l’offre et la demande. Sur le lithium, le cobalt et le cuivre, les projections montrent qu’on va être en déficit d’approvisionnement. 

Deux conséquences à tout cela : 

  • Une conséquence éthique, on transfert l’impact de nos modes de vie ailleurs et ça a été un moteur de l’action européenne dès les années 2008 avec la Raw material initiative
  • La seconde conséquence, liée à la crise covid et à la guerre en Ukraine, c’est celle de la souveraineté et d’opportunité industrielle

En tant que BRGM, nous agissons très acteurs sur l’offre, sur comment améliorer l’offre en métaux et en minerais. 

Transition de Rachel Savin Puget, Directrice de l’Institut Antigone

Merci de présenter la complexité du sujet. Maria Eugène Savin, vous avez mentionné qu’il n’y a pas un seul marché. Pouvez-vous nous expliquer comment ces marchés sont structurés ?

Intervention de Maria Eugenia Sanin, Maître de conférences à l’Université Paris-Saclay en économie

On sous-estime souvent l’innovation. Il est important de noter que le secteur des matières premières est très différent de celui du pétrole, car il est plus diversifié sur le plan économique. Ces matières premières sont recyclables. Par exemple, nous utilisons du cuivre avec de l’aluminium et nous obtenons un mélange de matériaux. Les matériaux restent chez nous, ce qui élargit les limites planétaires. Les matériaux sont critiques pour différentes raisons, notamment les terres rares, qui sont qualifiées de « rares » en raison de la difficulté de leur extraction. Le leadership chinois en matière de batteries n’a rien à voir avec le fait d’avoir des matériaux sur son territoire. Les matériaux proviennent principalement du Chili et de l’Australie. La Chine est en avance dans le raffinage. Les entreprises chinoises possèdent des mines ailleurs, ce qui pose la question de l’accès à l’hydroxyde de lithium et à ces matériaux transformés pour les intégrer dans la chaîne de valeur des batteries. Il est important de noter qu’il n’y a que trois entreprises dans le monde qui dominent le marché du lithium. Ces marchés sont très concentrés, ce qui exerce une forte pression sur les prix. Pour réfléchir à une stratégie, il est essentiel de se poser les bonnes questions : qui détient les clés du développement de ces marchés ? La Chine se concentre sur le savoir-faire en matière de raffinage. En Europe, nous avons les compétences nécessaires.

Intervention de Ben Cramer, Enseignant à Sciences Po Reims et Délégué aux relations internationales au sein de l’Institut Antigone

À l’ère des énergies renouvelables, les conflits armés ne vont pas s’arrêter du jour au lendemain. Je n’ai jamais eu la chance d’être initié aux questions géologiques, mais heureusement, j’ai repris la formule du géographe Lacoste : « la géologie sert surtout à faire la guerre ». Lorsque j’ai travaillé en tant que journaliste sur les métaux non ferreux, j’ai compris beaucoup de choses sur le nickel et les relations de la France avec la Nouvelle-Calédonie, ainsi que sur le processus de décolonisation avec les clauses secrètes concernant les matières stratégiques et l’octroi de l’indépendance à un territoire. En 1972, j’ai découvert le cinquième principe de la Conférence de Stockholm : « Les ressources non renouvelables doivent être partagées et non épuisées ». Ensuite, il y a eu le coup d’État au Chili en 1973, et j’ai compris que le cuivre était le minerai le plus utilisé par le département américain de la Défense. Nous avons besoin d’une agence des minerais. Lorsque les Américains sont intervenus en Afghanistan, ils ont découvert des réserves de lithium aussi importantes qu’en Bolivie. Les environnementalistes ont malheureusement négligé cette question, en considérant à tort que la question du climat devait être médiatisée davantage que celle des minerais. La réflexion sur la décroissance des minerais a été passée sous silence depuis le rapport du Club de Rome en 1972. Nous allons certainement être confrontés à cette question.

Intervention de Marie Toussaint, Députée européenne

Je remercie Antigone, un think tank basé à Paris, pour son invitation. Je pense que les écologistes y ont toujours réfléchi, mais la transition énergétique est souvent utilisée comme prétexte pour justifier une accélération de l’extraction. Les minerais sont des ressources limitées, et il est important de protéger les terres des rapaces. Contrairement aux énergies fossiles, les métaux sont recyclables. Pour l’Europe, comme pour la France, il est nécessaire d’augmenter notre extraction, de passer de 3 % à 10 %. Il faut également augmenter la transformation, de 20 % à 40 %, et améliorer le recyclage, qui n’est actuellement que de 15 %. La Commission européenne affirme qu’il faut examiner nos besoins pour mener cette transition, accélérer tous les processus, que ce soit pour la mobilité ou la défense. Il est essentiel de respecter les limites planétaires, y compris dans l’extraction minière. Malheureusement, les projets européens ne font pas suffisamment attention à la justice environnementale. Il est temps d’agir. Nous extrayons 10 % et nous continuons à consommer sans nous fixer de limites.

Réponse et réflexion de Maria Eugenia Sanin, Maître de conférences à l’Université Paris-Saclay en économie

Nous avons une dette environnementale et nous devons nous poser la question de la suffisance. Quels sont nos besoins réels ? Il y a également la question de l’économie circulaire et du respect des droits humains. Nous ne pouvons pas prétendre que nous trouverons tout chez nous ou que nous irons chercher ce qui nous manque chez les autres. Dans la logique libérale de l’exploitation, il est impensable que les entreprises cessent d’exploiter lorsque nous, Européens, n’en aurons plus besoin. Nous avons besoin d’une structure européenne. La Commission européenne parle de 18 matières stratégiques. La Chine affirme que le lithium n’est plus nécessaire, mais nous avons mené une étude dans le cadre de l’UE (inaudible).

Intervention d’Anne Babian-Lhermet, Conseillère régionale AURA, élue de l’Allier

Cette annonce nous est tombée dessus avec l’entreprise (Ineris ?) qui exploite également dans l’Allier et affiche des principes de responsabilité sociale des entreprises (RSE). Le BRGM avait déjà identifié le lithium il y a 30 ou 40 ans. Nous avons été reçus sur le site, et il y a une volonté de dialoguer avec les élus locaux. On nous a assuré qu’il y aurait recours aux énergies renouvelables. Le site de conversion sera proche, et le transport se fera par voie ferrée. Ce qui est préoccupant, ce sont les procédés chimiques de transformation. Le projet devrait débuter en 2028, mais nous ne savons rien sur le financement de ces opérations. Notre position est que ce n’est pas anodin, il n’y a pas de mine propre, et nous ne nous préoccupons pas de savoir d’où vient le lithium. On nous a dit que cela permettrait de produire 700 000 voitures par jour, et nous risquons de reproduire le modèle de la voiture thermique.

Transition de Rachel Savin Puget, Directrice de l’Institut Antigone

Comment adopter une position nuancée et réaliste… C’est l’occasion de vous interroger sur les bonnes questions : quelle politique industrielle, quelle diplomatie…

Réponse de Patrick Hughes, Responsable du programme scientifique « Ressources minérales et économie circulaire » au BRGM.

Le BRGM travaille sur le recyclage depuis les années 70, et le directeur a mentionné les limites de la planète. Cependant, il faut faire attention au recyclage. La substitution, par exemple en remplaçant le cuivre par l’aluminium, nous ramène finalement au point de départ. La Chine nous parle du sodium, et le CEA mène des études sur les batteries au sodium. Il y a un règlement sur les batteries en cours de débat. Un cuivre polonais n’a pas le même impact qu’un cuivre…

Question de Rachel Savin Puget, Directrice de l’Institut Antigone

Comment adopter une position nuancée et réaliste… C’est l’occasion de vous interroger sur les bonnes questions : quelle politique industrielle, quelle diplomatie…

Où investir dans la chaîne de valeur… La question des normes et des labels…

Réponse de Maria Eugenia Sanin, Maître de conférences à l’Université Paris-Saclay en économie

Nous avons besoin d’une gouvernance mondiale et d’examiner le potentiel de recyclage. Nous pourrions établir le prix du marché pour savoir combien cela coûte réellement. D’un point de vue concret, c’est complexe, mais nous devons effectuer des analyses. Nous devons prendre en compte les considérations sociales et exiger la traçabilité si nous pouvons recycler. Un label nous permettrait de travailler en appelant à l’ESG (environnement, social, gouvernance). Nous pouvons également ajouter le respect des droits du travail et la consommation d’eau…

Commentaire de Ben Cramer, Enseignant à Sciences Po Reims et Délégué aux relations internationales au sein de l’Institut Antigone

Il faut examiner les politiques… Regardons du côté du Mexique, où la question de la nationalisation est considérée comme un patrimoine national… Il y a aussi l’exemple de l’Antarctique depuis le Traité de 1959, qui interdit toute activité minière. Parmi ceux qui ont réussi, il y a la France (avec le gouvernement australien) grâce au Protocole de Madrid. Nous avons un exemple, et les arguments intéressés sont également intéressants. Pourquoi ne pas envisager la création d’une Agence internationale des minerais pour défendre les valeurs de la souveraineté des États et de leurs ressources ?

Question de Rachel Savin Puget, Directrice de l’Institut Antigone

Est-ce une bonne chose que l’exploitation ait lieu dans l’Allier ?

Réponse de Maria Eugenia Sanin, Maître de conférences à l’Université Paris-Saclay en économie

En ce qui concerne l’extraction, il faut se demander quel est le coût de cette mine, le coût de l’extraction. Il faut être prudent, ce n’est pas nécessairement une bonne idée si l’on pense à l’eau. Je peux vous envoyer des liens pour en savoir plus…

Réponse de Patrick Hughes, Responsable du programme scientifique « Ressources minérales et économie circulaire » au BRGM.

Il y a des inventions, des solutions européennes basées sur un code minier. Il y a trois enjeux majeurs : l’eau, les déchets et l’énergie. Je n’ai pas vu d’études…

Echanges avec la salle et fin du débat

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